Les additifs anticristallisation pour AdBlue sont vendus librement. Une question revient souvent : peuvent-ils annuler une garantie ou faire perdre un recours ? La réponse dépend de la garantie invoquée. Les garanties légales ne disparaissent pas parce qu’un produit a été versé dans le réservoir. Le point sensible est ailleurs : le dosage et le contexte de réclamation.
Un additif bien dosé reste dans la norme
L’AdBlue répond à la norme ISO 22241 : 32,5 % d’urée et 67,5 % d’eau déminéralisée. Au dosage prescrit, de l’ordre de 10 ml pour 10 litres, soit 0,1 %, le liquide reste dans cette norme. Des AdBlue déjà additivés sont d’ailleurs vendus en fûts et en cubitainers. Un additif correctement dosé n’est donc pas, en soi, un produit qui sort automatiquement de la spécification.
Le surdosage, réel risque mécanique
C’est le surdosage qui pose problème. À deux ou trois fois la dose, la composition du liquide est modifiée et peut colmater le système SCR de dépôts. Le risque n’est pas seulement chimique : l’additif fournit au constructeur un argument de causalité pour refuser une prise en charge. Cet argument se discute, mais il complique le dossier.
Garanties légales : ce qu’aucun additif ne peut retirer
La garantie légale de conformité, prévue aux articles L217-1 et suivants du Code de la consommation, est due par le vendeur. Elle est d’ordre public : toute clause qui l’écarte est réputée non écrite. Aucun additif ne peut l’annuler. La garantie des vices cachés, à l’article 1641 du Code civil, suppose un défaut antérieur à la vente. Un produit versé après coup ne la supprime pas. Seule la garantie commerciale du constructeur, qui est un contrat facultatif, peut exclure un produit non homologué — sans jamais réduire les garanties légales.
La règle pratique
Tant qu’un dossier est en cours contre le constructeur, il est prudent de s’abstenir. Hors garantie commerciale et sans réclamation, aucun risque juridique n’est attaché à l’usage d’un additif. Dans tous les cas, le dosage doit être respecté. Pour les propriétaires touchés par une panne AdBlue, le recours à mentionner reste la garantie légale des vices cachés, si le défaut est antérieur à la vente.
Si votre véhicule est concerné, inscrivez votre cas au recensement d’adblue-haldex.com : les données déclarées permettent de documenter les pannes et les réponses apportées.
Êtes-vous concerné par ce problème ?
Rejoignez le registre national pour défendre vos droits au titre de la garantie des vices cachés (Art. 1641).
Enregistrer mon dossier